Christophe Arbieu

Au commencement était la toile blanche et puis il y a le regard, le geste, la geste de l’artiste, autres temps, autres lieux… Parce que le parc est devenue un songe, un motif de l’esprit, une matière à redire…

Il ne s’agit pas d’un thème, mais bien d’une posture, et puis le parc est là, pas celui des poncifs, celui de la beauté convulsive. Matière à redire. Le plasticien la connaît bien la matière, elle est dans sa transfiguration,filaire, massive, légère par ces interprétations chromatiques, simple, complexe mais lisible comme une suite harmonique, musicale, donc audible « comme une suite indéfinie des transformations » (Paul Valéry).

Son écriture est là, elle est le fruit de sa trajection artistique, picturale, existentielle. L’on pense alors,pour les filiations de l’artiste et pour représentation à l’expressionnisme abstrait américain de à Robert Motherwell, qui, au-delà de son noir et blanc, est à la fois organique et géométriquement singulière,comme perception, expression et représentation.

Christophe Arbieu n’est pas disert, à l’instar du mouvement américain qui n’a de seul manifeste que l’agir pictural, il est sûr de son « propos » pictural mais comme lieu de questionnement, là où les sens que l’on peut lui prêter peuvent se faire comme se défaire (Pierre Soulages).

Se figurer l’abstraction, s’abstraire de la figuration, c’est ainsi qu’il voudrait que l’on accède à son œuvre : s’abstraire, disparaître pour mieux figurer un songe le parc, sublime prétexte à une latence perdue, à un mythe, comme autre manière, façon d’être au monde par une présentation, le privilège intemporel de l’art !
Par cette vue « de l’esprit » du parc, il y a toute la palette d’ingrédients qui va consacrer une dimension archétypale qui est peut être cette nature organisée comme matrice. Le travail sur cette espace est alors une incarnation picturale pétrie d’un rêve éveillé, et surtout d’un savoir-faire, d’un geste graphique et chromatique qui conforme, pose et expose la figuration d’un monde sensible, onirisé, puissant, faussement erratique.

La narration n’est plus et Christophe Arbieu est bien là pour nous faire vaguer dans un émouvant chant pictural.